Droit du travail
Contrat d'expatrié
Un CDD assorti d'un ensemble d'avantages, plafonné à dix ans et un statut qui ne se confond pas avec la nationalité.
Le contrat d'expatrié est un contrat à durée déterminée accordé aux étrangers dont la présence au Mali est du fait de l'employeur. C'est cette dernière précision qui fonde tout le régime : l'entreprise a fait venir le travailleur, elle assume les conséquences de ce déplacement, et il repartira à l'expiration du contrat.
Le critère n'est donc pas la nationalité, mais l'origine de la présence dans le pays. Un étranger déjà installé au Mali et recruté localement relève d'un autre contrat : voir Contrat d'étranger.
1. Ce qui caractérise le statut
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Nature du contrat | Un contrat à durée déterminée |
| Condition d'accès | La présence au Mali résulte du fait de l'employeur |
| Conséquence attendue | Le travailleur quittera le pays à l'expiration du contrat |
| Durée maximale du statut | Dix ans |
Le plafond de dix ans est la borne à surveiller. Il s'apprécie sur le statut, non sur un contrat isolé : les périodes successives s'additionnent. Une entreprise qui souhaite conserver durablement un collaborateur au-delà doit anticiper la sortie du statut, et non renouveler par défaut.
2. Les formalités
Comme le contrat d'étranger, le contrat d'expatrié suppose une autorisation administrative préalable :
- un écrit obligatoire ;
- le visa de la Direction nationale du travail ;
- une autorisation ou un permis de travail, délivré avec le concours de l'ANPE.
Ces formalités précèdent la prise de poste. Elles se renouvellent avec le contrat, et leurs échéances méritent un suivi dédié : un permis expiré fragilise l'emploi indépendamment de la qualité du travail fourni. Code du travail, article L.26.
3. Les avantages attachés au statut
En raison de son statut particulier, l'expatrié perçoit le salaire de base, augmenté d'un ensemble d'avantages :
| Avantage | Contenu |
|---|---|
| Indemnité de dépaysement | 40 % du salaire de base |
| Moyen de déplacement | Mis à disposition par l'employeur |
| Logement et domesticité | Pris en charge |
| Congés payés | 5 jours par mois de service, contre 2,5 jours en contrat local |
| Transport annuel | Vers le pays de résidence |
| Transport de fin de contrat | Quel que soit le motif de la rupture |
La dernière ligne mérite d'être lue attentivement : le transport de fin de contrat est dû même lorsque la rupture intervient de manière anticipée ou conflictuelle. C'est une charge à provisionner dès la conclusion du contrat, non une variable d'ajustement au moment du départ.
4. Le régime de congés
Cinq jours de congé par mois de service représentent soixante jours par an, contre trente jours en contrat local. S'y ajoute la prise en charge par l'employeur du transport, du logement et des soins, pour le travailleur et sa famille.
Ce régime se justifie par l'éloignement et la durée des trajets : il permet des retours groupés plutôt que fractionnés. En pratique, il suppose d'organiser la continuité du poste sur des absences plus longues, ce qui se prépare dans le calendrier annuel plutôt qu'au coup par coup. Voir Congés payés.
5. Les avantages et leur traitement
Logement, véhicule, domesticité : ces avantages sont des éléments de rémunération. Trois conséquences à ne pas manquer :
- ils figurent au bulletin de paie et entrent dans les bases de calcul, y compris celle de l'indemnité de fin de contrat ;
- ils suivent le régime fiscal des avantages, avec l'exonération partielle qui s'y attache lorsque leur évaluation correspond à la nomenclature applicable ;
- leur retrait touche à la rémunération : il constitue une modification du contrat, et suppose l'accord du travailleur.
Ce dernier point est source de litiges au moment des réorganisations : supprimer un logement de fonction n'est pas une décision d'intendance.
6. Anticiper la sortie du statut
Deux échéances doivent être suivies en parallèle, et aucune ne se rattrape :
| Échéance | Ce qu'elle impose |
|---|---|
| Le terme du contrat | Décider : renouvellement, embauche sous un autre statut, ou fin de relation |
| Le plafond de dix ans | Au-delà, le statut d'expatrié n'est plus disponible |
Anticiper signifie aussi provisionner : transport de fin de contrat, solde de congés : soixante jours annuels s'accumulent vite et indemnité de fin de contrat le cas échéant. Un départ d'expatrié mal préparé coûte plusieurs mois de rémunération.
À retenir
| La règle | Ce qu'elle implique |
|---|---|
| Un CDD réservé aux étrangers venus du fait de l'employeur | Le critère est l'origine de la présence, non la nationalité |
| Statut plafonné à dix ans | Les périodes successives s'additionnent |
| Écrit, visa et permis de travail | Avant la prise de poste, et à renouveler avec le contrat |
| Indemnité de dépaysement de 40 % du salaire de base | Plus logement, transport et domesticité |
| Cinq jours de congé par mois de service | Soit soixante jours par an, contre trente en contrat local |
| Transport de fin de contrat toujours dû | Quel que soit le motif de la rupture |