Droit du travail

CDD : comprendre et calculer les indemnités de fin de contrat

10 septembre 2026

À la fin d'un contrat à durée déterminée, plusieurs sommes peuvent être dues. La plus discutée est l'indemnité de précarité, parce que son calcul repose sur une base a rémunération totale brute que l'on confond souvent avec le seul salaire de base.

Cet article détaille la méthode : quel taux retenir, sur quelle assiette, et dans quels cas l'indemnité n'est pas due. Sur l'ensemble des droits à la fin du contrat, voir CDD : droits de rupture.

1. À quoi sert l'indemnité de précarité ?

C'est un complément de salaire destiné à compenser le caractère temporaire de l'emploi. Elle est due lorsque la relation de travail ne se poursuit pas à l'issue du CDD, sous réserve des exclusions légales.

Une distinction à poser d'emblée, car les deux notions sont régulièrement confondues :

Indemnité de précaritéDommages-intérêts
Ce qu'elle compenseLa nature temporaire de l'emploiUne rupture anticipée irrégulière
Quand elle est dueÀ l'échéance normale du contratQuand l'employeur rompt hors des cas admis
Comment elle se calculeUn pourcentage de la rémunération totaleLes rémunérations restant dues jusqu'au terme
TexteArticle L.24 et décret D.24-1Article L.25

Code du travail, articles L.24 et L.25.

2. Quel taux appliquer ?

L'ordre de priorité est le suivant, et il ne doit pas être inversé :

  • D'abord la convention ou l'accord collectif applicable. S'il fixe un taux, c'est celui-là qui s'applique.
  • À défaut seulement, le taux réglementaire de 2,5 %. C'est un minimum, pas une norme par défaut à appliquer sans vérification.

Avant tout calcul, l'employeur doit donc vérifier ce que prévoit la convention collective de branche et, le cas échéant, l'accord d'établissement. Un taux conventionnel plus favorable prime toujours. Décret n°2022-0125/PT-RM, article D.24-1 nouveau.

3. Comment calculer le montant ?

La formule est simple :

Indemnité de précarité = rémunération totale brute retenue × taux applicable

Le point d'attention porte sur l'assiette. La base de calcul correspond à la rémunération brute, c'est-à-dire avant retenues sur salaire, et pas seulement au salaire de base : les primes et accessoires de salaire entrent dans le calcul.

Exemple : un travailleur éligible perçoit 200 000 F CFA de salaire brut et 25 000 F CFA de prime par mois, pendant six mois.

ÉtapeCalculRésultat
Rémunération brute mensuelle200 000 + 25 000225 000 F CFA
Rémunération brute totale du contrat225 000 × 61 350 000 F CFA
Indemnité au taux de 2,5 %1 350 000 × 2,5 %33 750 F CFA

À titre de comparaison, un calcul limité au seul salaire de base aurait donné 30 000 F CFA, soit 3 750 F CFA de moins. C'est l'écart type que produit une assiette mal retenue. Décret n°2022-0125/PT-RM, article D.24-1 nouveau.

4. Quels contrats ou situations sont exclus ?

L'article L.24 prévoit que l'indemnité n'est pas due dans les cas suivants :

  • les occupations à l'heure ou à la journée n'excédant pas une journée ;
  • les contrats saisonniers, engagés pour la durée d'une campagne ;
  • les remplacements provisoires de travailleurs dont le contrat est légalement suspendu ;
  • les emplois relevant de secteurs où le recours au CDI n'est pas habituel, dans les conditions prévues par les textes ;
  • le refus par le travailleur d'un CDI portant sur le même emploi ou un emploi équivalent, avec une rémunération au moins égale ;
  • la rupture anticipée intervenue à l'initiative du travailleur ou imputable à sa faute.

En particulier, le CDD de remplacement est exclu de l'indemnité légale de précarité. En revanche, le CDD conclu pour surcroît d'activité n'y figure pas : l'indemnité est due. La force majeure, à elle seule, ne fait pas partie des exclusions énumérées. Code du travail, articles L.20 et L.24.

5. Quel est l'effet des absences ?

Une absence modifie la rémunération versée pendant le contrat et, par conséquent, l'assiette de calcul. Trois éléments sont à examiner : le motif de l'absence, le maintien éventuel du salaire, et les dispositions conventionnelles applicables.

Une nuance de rédaction mérite l'attention : le décret retient la rémunération totale brute perçue, tandis que l'article L.24 du Code vise la rémunération totale brute due. Les éventuels rappels de salaire doivent donc être vérifiés avant d'arrêter le décompte.

Ces textes ne permettent pas, à eux seuls, d'affirmer qu'un salaire doit systématiquement être reconstitué pour toute période de maladie, de maternité ou d'accident du travail. Il faut examiner chaque situation au regard de la convention collective. Code du travail, article L.24 ; décret n°2022-0125/PT-RM, article D.24-1 nouveau.

6. Quelles autres sommes sont dues à la fin du contrat ?

L'indemnité de précarité ne solde pas le compte. S'y ajoutent :

  • le salaire correspondant au travail effectué jusqu'au dernier jour ;
  • les primes et autres éléments de rémunération acquis ;
  • l'indemnité compensatrice de congés, lorsque les conditions légales sont réunies.

Et l'employeur doit remettre au travailleur un certificat de travail, exempt de tous droits de timbre et d'enregistrement. Code du travail, article L.61.

À retenir

La règleCe qu'elle implique
Vérifier la convention avant d'appliquer 2,5 %Le taux réglementaire n'est qu'un minimum supplétif
L'assiette est la rémunération brute totalePrimes et accessoires compris, pas seulement le salaire de base
Quatre catégories de contrats sont excluesJournalier, saisonnier, remplacement, secteurs d'usage
Le comportement du travailleur peut l'écarterRefus d'un CDI équivalent, départ à son initiative, faute
Les absences modifient l'assietteVérifier le maintien de salaire et les rappels éventuels
L'indemnité ne solde pas le compteSalaire, primes, congés et certificat de travail restent dus